un jour spécial!

Publié le par doc-en-stock

A bien des égards, on peut considérer ce jour comme spécial. Pour moi il l'est pour deux raisons : la première, hautement symbolique, est que c'est mon anniversaire. Et bien que je sois encore une fois au bout du monde, grâce aux bienfaits d'internet et de facebook, j'apprécie avec une grande joie tous ces messages de mes amis disséminés au cours des ans aux quatre coins du monde.Et bien que pour certains, voire beaucoup d'entre eux, nous ne nous soyons pas vu depuis un certain nombre d'années, c'est touchant de ne pas être oublié et j'espère qu'au décours d'une halte de l'un de nous chez l'autre nous aurons l'occasion de fêter ça dignement. Pas deux ans passés au même endroit et je me retrouve avec un anniversaire toujours très inattendu. L'année dernière, une fête mémorable à Bora avec le club de plongée et mes collègues du dispensaire.

 

Au passage, un grand merci à Simon et ses films merveilleux qui m'humectent les yeux à défaut de mes palmes. Simon, c'est le croisement improbable de Luc Besson et de Marc Dorcel ( il me comprendra) dans les eaux bleus transparentes du lagon de Bora Bora. C'est le magicien aquatique qui transcende à travers le hublot de son caisson magique la beauté et la grâce des raies manta, pour permettre aux touristes émerveillés par l'inimaginable spectacle de la vie marine qui se déroule là, sous leurs yeux, à peine séparé de la réalité bleutée par les quelques millimètres du verre de leur masque de plongée, de repartir avec une trace tangible, preuve quasi immortelle concentrée gravée sur un disque d'une dizaine de centimètres de diamètres, de leur rencontre avec ces créatures volantes tout autour des plongeurs.  Mais Simon est aussi un extraordinaire chasseur de baleines. Chasseur d'images bien sur. Et une journée passée à bord d'un petit bateau en sa compagnie dans ce but est une journée inoubliable à vie. Il a ses coins, ses petits secrets, notamment "l'endroit que l'on ne nomme pas" où j'ai eu l'insigne honneur, la joie immense, le plaisir incommensurable, de rencontrer cet animal, le plus grand mammifère qu'on puisse croiser sur terre, ou plutôt en mer.

 

Tout commence par la recherche. Chacun des participants se répartissent une zone de mer à surveiller, certains plus doués que d'autres ( je fais partie des autres). De temps en temps, Simon immerge un micro et nous écoutons, attentifs, le chant des baleines, en essayant d'évaluer à quelle distance elles sont. On se rapproche, par petite touche. C'est un jeu de patience. Puis une première mise à l'eau, dans l'immensité de l'océan. Jamais le grand bleu n'a aussi bien porté son nom, infini et oppressant. Là, il faut descendre en apnée sur 3 à 5 mètres de profondeur pour discerner leur chant quelques secondes, et c'est déjà la fête, une excitation qui monte. Mais ce sera une fausse alerte, pas de contact visuel. Alors, on remonte à bord et on rescrute l'horizon. Au bout d'un moment, il faut se rendre à l'évidence, les belles ont deguerpi. Alors nous changeons de zone de recherche, et nous dirigeons vers ce fameux endroit " que l'on ne nomme pas!". Chacun a ses secrets, chacun a ses traditions. C'est là que la rencontre aura lieu. Une magnifique baleine à bosse de quinze mètres. Comme des enfants nous n'y tenons plus. Le plus calmement possible, nous nous mettons à l'eau, à distance, équipés de masques, tubas et palmes. Et le spectacle commence...

 

la belle s'approche à une dizaine de mètres, l'eau est claire. Elle est superbe. Et fait demi tour! disparait! ça y est? c'était magique. C'est instant bref est déjà extraordinaire. Mais? Que se passe t il ? Elle a fait demi tour et revient vers nous! Elle s'approche. Je dois rêver, c'est sur! Le mégaptère nous tourne autour, alterne les vas et viens tranquilles avec des rondes lascives au sein de notre groupe, s'approche de chacun, NOUS REGARDE. Je peux la voir, là, à moins de trois mètres de moi, dessiner un arc de cercle en me regardant de son oeil droit. Je respire fort à travers mon tuba, je suis calme et heureux, et surexcité en même temps. Je ne dois pas cligner des yeux, ne serait ce qu'un instant, pour graver ces instants dans ma mémoire, pour le plus longtemps possible. Pouvoir m'en rappeler. Pouvoir le raconter.

 

Un quart d'heure de baignade avec une baleine à bosse, un instant, une éternité. Et comme cette journée se devait d'être magique, nous avons remis ça dans l'après midi  avec une mère et son petit. Elle, l'accompagnant tandis qu'il remonte à la surface pour respirer. Ce petit qui doit déjà dépasser les quatre ou cinq mètres de long!

 

Bien sur, on pourrait retenir, et Simon ne manquerait pas de me le rappeler de toute façon, que la houle m'a fait vomir. Et ce n'est pas ça qui a permis de pêcher un beau thon dents-de-chien servi en sashimi le soir même pour clôre ce rêve éveillé. Bien sur, on peut retenir plein de choses. De toute façon sur une journée comme ça, il faut tout retenir. Dix heures de mer pour moins d'une demi heure! ça les vaut? Qui ose poser la question?

 

Des images? j'en ai! La vidéo de ce jour est une des oeuvres de Simon, mais tout droit reservé, je ne me permettrais pas de diffuser ses images. Désolé!

Les vidéos sous marines que je réalise moi même, c'est à Simon que je les dois, à son aide technique et à son caisson.

 

Mais revenons à Camopi.

 

Je parlais d'une deuxième raison pour laquelle ce jour est spécial. Pragmatisme quand tu nous tiens! Je suis arrivé à Camopi il y a une dizaine de jours, en provenance de Trois Sauts, le village amérindien le plus isolé en Guyane, à deux jours de pirogues de Saint Georges en saison des pluies et à quatre jours en saison sèche. Camopi est à mi chemin. Village de 1600 âmes, il est juste à l'intérieur de la zone réglementée, à accès limité sur autorisation préfectorale. Il y a l'électricité ( contrairement à Trois Sauts où le dispensaire est le seul alimenté en energie de manière à peu près constante par des panneaux solaires et un groupe électrogène) et l'eau courante bien sur... En théorie! Car depuis huit jours, il n'y a plus d'eau dans le village. La pompe a grillé suite à un orage.

 

Que faut il pour changer une pompe? Descendre une pompe de Cayenne ( deux heures de route jusqu'à Saint Georges), puis six heures de pirogue jusqu'à Camopi ( qui contrairement à Trois Sauts est assez bien "desservie" avec des pirogues qui arrivent presque tous les jours);

Il a fallu huit jours, oui j'ai bien dit huit jours, pour que la pompe arrive ici et soit montée. Soit huit jours sans eau courante, avec la débrouillardise de chacun pour aller faire sa toilette au fleuve, ou aller chercher de l'eau au puit de la gendarmerie pour la vaisselle, ou la cuisine ( parce que faire cuire son riz dans du coca c'est pas terrible). Moi, j'ai utilisé une douche portable de camping pour me laver sur la terrasse. Je ne pensais pas m'en servir, mais je dois remercier Mélanie d'avoir insisté pour que je la prenne. Spectacle garanti!

douche-de-camping.JPG

 

Alors enfin aujourd'hui, de l'eau. C'est fou comme on ne se rends pas compte de ce qu'on a. Il faut en être privé un peu pour apprécier ses privilèges. Donc aujourd'hui, jour spécial, j'en ai profité pour marquer le coup. Je me suis rasé! La belle affaire direz vous. Mais deux mois sous les tropiques sans se raser vous donnent vite l'apparence d'un ours, et ça tient chaud.

 

Alors quelle meilleure occasion qu'un an de plus pour décider d'en perdre dix?

 

Je vous laisse juge.

avant.JPG

Avant!

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Après!

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F
<br /> Un très bon anniversaire (avec un poil de retard, mais c'est le décalage horaire, tu connais ça !): te voilà de nouveau bien plus vieux que moi:ça fait plaisir !<br /> <br /> <br />
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M
<br /> double personnalité?????<br /> bises fortes<br /> <br /> <br />
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C
<br /> Et 20 kg de moins!!<br /> Bises<br /> <br /> <br />
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S
<br /> Bon annif Doc ! Je vois que tu parles toujours autant, meme perdu au fin fond de la foret guyanaise! Haha... Mais tu me fais bien rever avec tes plongees avec les baleines... Il va falloir que<br /> je<br /> songe a aller faire un tour, moi aussi, en polynesie! Profite bien de ce jour special... La bise du Vietnam!<br /> <br /> <br />
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