Oyapock ou Oiapoque?
Arrivé à Saint Georges, je me suis un peu perdu dan les différentes façons dont je pouvais voir écrit ce nom. Une petite discussion avec Stéphane, l'infirmier de garde qui réside ici depuis 7 ans, s'imposait. Quelques recherches complémentaires et j'étais plus éclairé. Saint Georges de l'Oyapock, ville française de 3600 habitants, est séparée de la ville brésilienne d'Oiapoque, comptant vingt mille âmes, par le fleuve Oyapock en français, mais Oiapoque en portuguais. C'est lors des traités d'Utrecht de 1713 mettant fin à la guerre de succession d'Espagne que ce fleuve dont l'ancien nom était Wiapoco devient la frontière officielle entre la Guyane française et la colonie portuguaise du Brésil. Pour l'anecdote, c'est lors de ces mêmes traités rédigés en français que le français devient la langue diplomatique officielle jusqu'en 1919 et le traité de Versailles. Mais revenons à notre cours d'eau. De Saint Georges, des piroguiers permettent de traverser en direction d'Oiapoque à moins de dix minutes de là, et pour la modique somme de cinq euros le trajet simple. Une fois sur place, on découvre une petite ville étonnante qui vit beaucoup grâce à l'argent que viennent dépenser les français pour se procurer tabac ou nourriture nettement moins chers qu'en face. C'est un des paradoxes du coin. La majorité des métropolitains que je croise à Saint Georges sont des militaires, des douaniers ou la police des frontière, chargés de surveiller la frontière pour empêcher l'immigration clandestine et les traffics comme ils peuvent avec les moyens du bord. Mais tout le monde passe de l'autre côté de l'Oyapock pour y faire ses courses, car "ici c'est vraiment trop cher". La théorie et la pratique...
Quoi qu'il en soit la ville d'Oiapoque reste pour le Brésil la porte d'entrée et de sortie de l'Europe via la Guyane française.