Un début en Guyane
C'est à Saint Georges de l'Oyapock que commence ce blog officiellement. Cela fait maintenant dix ans que je tourne une peu partout dans le cadre de mon travail et de nombreuses fois, je me suis dit qu'il était temps de raconter un peu ce dont je suis le témoin. En fait, plusieurs personnes de mon entourage m'ont souvent incité à le faire... Alors, c'est parti! Et puis en toute honnêteté, il est très difficile maintenant d'envoyer des nouvelles personnalisées régulièrement à tout le monde, alors, oui, je sacrifie à la mode du blog. Et c'est donc de Guyane que je vous écris ce mot d'introduction.
Saint Georges de L'Oyapock, je n'en avais jamais entendu parlé il y a encore trois mois. Début mars, rentré d'une année en Polynésie, j'étais encore dans l'expectative quand à mes choix professionnels futurs, comme à chaque fois que je reviens ne pourront s'empêcher de penser certains avec raison. Evidemment, une opportunité unique s'est présentée à moi pile au bon moment sous la forme d'un mail adressé aux anciens médecins des TAAF ( Terres Australes et Antartiques Françaises, ne vous inquietez pas, nous en reparlerons). Une collègue médecin ayant hiverné sur l'île d'Amsterdam recrute maintenant pour les postes en centre de santé guyanais. Quelques échanges mails et téléphoniques plus tard, me voilà avec une proposition d'"offre découverte" de trois mois le long du fleuve Oyapoque. Ce fleuve, le deuxième de Guyane, marque la frontière avec le Brésil. Trois mois, trois centres de santé, Saint Georges, Camopi et Trois Saut, de plus en plus isolés dans la forêt amazonienne. Petit agrément, les deux derniers sont dans une zone protégée interdite au public sans autorisation préfectorale et dans laquelle vivent des communautés amérindiennes. Comment résister à une proposition pareille? Moi, je n'ai pas pu. Et me voici, à 5 heures de décalage horaire de Paris, à 5 minutes de pirogue du Brésil, pour une nouvelle expérience dans ce grand monde de la médecine isolée.